« Bad Times » : le tube qui affole TikTok n’a pas été composé par un musicien, et c’est toute une histoire
Si vous avez ouvert TikTok ou Instagram ces derniers jours, vous n’avez pas pu y échapper. « Bad Times » de Imael Angel est partout : dans les vidéos de danse, les montages motivation, les lives des streameurs.
Le titre débarque maintenant sur les radios et il tourne sur Fréquence 3 depuis cette semaine.
Mais derrière ce phénomène se cache une histoire qui en dit long sur la musique en 2026.
on a choisi de vous raconter raconter l’histoire en entier.
Un titre sorti dans l’indifférence générale
« Bad Times » n’est pas une nouveauté. Le single est sorti le 30 mars 2026, en totale autoproduction sur le label Imael Angel Records, un titre house de 2 minutes 48.
Pendant près de six mois : rien. Pas de radio, pas de presse, pas de playlist éditoriale. Puis, début septembre, une poignée de créateurs TikTok s’empare du morceau.
Des vidéos virales s’enchaînent, certaines dépassant le million de likes, et en quelques jours le titre devient inévitable.
@bouuhyachaka BAD TIMES – Imael Angel
Les remix officiels se multiplient dans la foulée : version extended, dance remix, club mix. La machine est lancée, et les grandes radios suivent.
Qui est Imael Angel ? Pas du tout qui vous croyez
C’est là que l’histoire devient fascinante.
Imael Angel n’est pas une chanteuse, ni une productrice, ni même une professionnelle de la musique.
Derrière le projet se trouve Bernadett Gango, une thérapeute installée au Royaume-Uni, maître reiki spécialisée dans le « reiki transformatif » et la « guérison angélique ». Son site officiel ne présente pas une artiste en tournée : il propose des séances de soin énergétique.
Et sa musique ? Elle ne la compose pas au sens traditionnel du terme. Ses titres sont générés par intelligence artificielle, via des plateformes comme Suno et Udio, qu’elle utilise en parallèle de son activité de thérapeute, avec un univers artistique entièrement tourné vers la spiritualité, l’énergie et la guérison.
Des titres comme « I’m Alive », « Albedo » ou « I’m a Phoenix Risin’ » donnent le ton du catalogue.
Sur Deezer, la biographie officielle de l’artiste ne s’en cache d’ailleurs pas : Imael Angel y est présenté comme un projet créé avec l’intelligence artificielle.
Ce n’est même pas son premier coup d’éclat
Le plus incroyable, c’est que « Bad Times » n’est pas le premier titre d’Imael Angel à percer. Quelques mois plus tôt, son morceau « I’m Moving to the Sun » a été repéré par l’équipe de HUGEL, l’un des producteurs house français les plus en vue du moment. Le résultat : une version officielle retravaillée, « Movin’ to the Sun », enregistrée avec la légende américaine Ultra Naté, devenue un hit dance mondial classé dans les charts britanniques. Un morceau né d’un générateur d’IA, réenregistré par des pointures de la house : du jamais vu, ou presque.
Alors, on en pense quoi ?
On a fait le choix de la transparence.
Oui, « Bad Times » passe à l’antenne, parce que c’est le phénomène du moment et que notre rôle est de vous faire vivre ce qui se passe. Mais on estime aussi que vous avez le droit de savoir ce que vous écoutez.
Le cas Imael Angel n’est pas isolé. Les plateformes de streaming voient déferler les titres générés par IA : chez Deezer, près d’un morceau uploadé sur cinq est désormais détecté comme tel. La question n’est plus de savoir si l’IA va s’inviter dans la musique, elle y est déjà, dans vos playlists, et maintenant dans les charts. La vraie question, c’est celle que ce genre d’histoire pose à toute l’industrie : qu’est-ce qui fait qu’un titre nous touche ? Le talent de celui qui l’a fabriqué, ou l’émotion qu’il déclenche ?
On vous laisse vous faire votre avis. « Bad Times » est en ce moment sur Fréquence 3 : sur le web via frequence3.com, sur notre application iOS, sur vos agrégateurs préférés (TuneIn et autres), et en FM sur le 99.0 en Nord Touraine (Château-Renault) et le 89.9 en Loir-et-Cher (Vendôme et Blois).











