PLK au Stade de France : les temps forts d’un show monumental

PLK au Stade de France : les temps forts d’un show monumental

Il y a ceux qui suivent PLK depuis ses premiers projets et ceux qui connaissent surtout ses morceaux les plus populaires. Pour ce Stade de France, nous étions justement un peu des deux. L’une de nous écoute l’artiste depuis longtemps, tandis que l’autre le connaît davantage à travers ses titres les plus mainstream. Une différence qui aurait pu nous faire vivre le concert chacune à notre manière. Pourtant, dès les premières minutes, une chose s’impose : ce concert a été pensé pour réunir tout le monde. Avec une tracklist de 50 chansons, PLK avait largement de quoi faire voyager son public à travers l’ensemble de sa carrière. Il mêle les morceaux les plus connus à des titres plus anciens, les souvenirs des premiers projets aux chansons qui ont contribué à faire de lui l’un des artistes les plus populaires de sa génération.

Une arrivée qui donne immédiatement le ton

Les portes du Stade de France ouvrent à 18 heures. Nous arrivons dans ces eaux-là et n’attendons quasiment pas avant d’entrer en fosse or. À l’extérieur, le public est déjà nombreux : près de 80 000 personnes sont attendues ce soir-là. Quelques morceaux de PLK résonnent pendant l’attente et installent progressivement l’ambiance.

À l’intérieur, la fosse et la fosse or se remplissent rapidement, tandis que les gradins accueillent peu à peu les spectateurs. Certains portent le merch’ spécialement sorti pour le Stade de France, d’autres ont ressorti des T-shirts de ses anciens concerts. Certains ont même poussé le détail jusqu’au bout des ongles avec de magnifiques nail arts « ENNA ». Le FC Polak a sorti le grand jeu. Pour nous aussi, dress code rouge et blanc.

C’est notre premier concert au Stade de France, et la première impression est forcément difficile à oublier.

Avant même que le concert commence, le décor donne une idée de l’ampleur du spectacle. Sur scène, des voitures accidentées sont entassées au milieu d’échafaudages sur plusieurs niveaux et de deux énormes grues. Une cabine de camion, qui servira de poste au DJ Matou, est installée face au public. L’ensemble évoque une immense casse automobile, en référence au métier de garagiste qu’exerçait PLK avant de percer dans le rap. Une impression qui sera confirmée un peu plus tard par la voix off introduisant son arrivée.

La scène, immense et construite en forme de T, compte plusieurs niveaux mobiles. Nous sommes installées à l’extrémité du T, proches des barrières et avec une vue dégagée. Pas toujours évident en fosse quand on mesure 1,65 m, mais mission réussie. Ça y est, le show peut commencer.

Krisy ouvre la soirée

Pendant environ trente minutes, c’est le rappeur belge Krisy qui assure la première partie. Le choix est symbolique puisqu’il était déjà présent aux débuts de PLK et a participé à son succès. Avec son DJ, il installe rapidement une bonne énergie dans une fosse qui continue de se remplir. Une manière efficace de lancer la soirée, avant que les lumières ne s’éteignent pour de bon.

Une entrée à la hauteur du Stade de France

Une alarme retentit. Une voix off annonce une intrusion dans la casse automobile. Une voiture rouge et blanche apparaît alors, suspendue par l’arrière à l’une des grues. Sur son capot trône une immense tête d’ours, symbole incontournable de l’univers de PLK. L’artiste, entièrement vêtu de blanc, se tient debout sur la partie arrière de la voiture.

La grue déplace lentement le véhicule jusqu’à la scène. Quelques secondes plus tard, la voix off annonce : « Intrus repéré sur la grue ». La foule est déjà en ébullition.

Lorsque PLK descend finalement de la voiture, il enchaîne directement avec « Bleu et Rouge ». Le choix fonctionne immédiatement : le morceau est rapide, énergique et fait basculer le stade dans le concert. Pour nous, cette entrée restera certainement l’une des images les plus marquantes de la soirée. Elle donne aussi le ton d’un show qui ne ralentira presque jamais.

50 chansons pour traverser toute une carrière

Avec 50 chansons au programme, nous étions très emballées : chacune allait pouvoir retrouver ses morceaux préférés. Le concert ne suit pas un ordre chronologique. Il navigue au contraire entre les différentes périodes de sa carrière, faisant cohabiter les premiers projets avec les morceaux plus récents et les classiques avec des titres davantage connus du grand public.

Le choix fonctionne particulièrement bien pour un public aussi large. Les fans de la première heure retrouvent les morceaux qui leur ont fait aimer l’artiste, tandis que ceux qui connaissent moins bien ses débuts peuvent découvrir une autre partie de sa discographie sans avoir l’impression d’enchaîner les titres inconnus.

D’un côté, ceux qui connaissent chaque morceau, parfois depuis les premiers EP. De l’autre, ceux qui sont venus principalement pour les titres les plus populaires. Et au milieu, un stade entier qui finit par reprendre les mêmes refrains.

Un public qui connaît les paroles

S’il y a une chose qui nous a frappées pendant le concert, c’est la relation entre PLK et son public. L’artiste prend régulièrement la parole pour faire monter l’ambiance, mais aussi pour remercier ceux qui l’entourent : ses équipes, ses proches, les personnes qui ont participé à l’organisation du concert et, évidemment, son public. À plusieurs reprises, il lance même : « Faites du bruit pour vous ».

Sur une grande partie des morceaux, les refrains sont repris par l’ensemble du Stade de France. Par moments, PLK s’arrête complètement et laisse plusieurs dizaines de milliers de personnes chanter seules. Même sur les titres plus anciens, l’ambiance ne retombe pas.

Cette relation particulière dépasse d’ailleurs l’enceinte du stade. Le lendemain, dans la rue, à la gare et jusque dans les trains, nous croisons encore de nombreuses personnes portant le merch’ de PLK. De quoi prolonger un peu la soirée et nous rendre déjà nostalgiques du concert.

Des invités pour deux soirées différentes

Autre élément qui a contribué à rendre la soirée imprévisible : les invités. Au-delà des nombreux artistes venus partager la scène avec lui, deux personnes sont particulièrement présentes tout au long du concert : Ormaz, son meilleur ami, et DJ Matou.

Ormaz accompagne PLK sur une grande partie du show, notamment en assurant les backs sur plusieurs morceaux et en partageant son énergie avec lui sur scène, jusqu’à « Vieilles gueules », qu’ils interprètent ensemble.

De son côté, DJ Matou, installé dans sa cabine de camion face au public, contribue lui aussi largement à l’ambiance du Stade de France. Entre les morceaux, il chauffe la foule, la fait réagir et échange avec elle. Tous les deux occupent une vraie place dans le spectacle, bien au-delà de leur rôle respectif.

Les deux concerts au Stade de France n’ont pas accueilli exactement les mêmes invités. Pour cette deuxième soirée, PLK a notamment partagé la scène avec Gazo sur « Ça mène à rien », Vacra sur « Confidence », Paluch sur « Gozier », Rim’K sur « Toutes générations », La RVFleuse sur « Jamie Bynoe Gittens », OBOY sur « Attentat », Tessa B sur « Tout recommencer », Lisko Peligrosso sur « Défoncé », Jul sur « Faut pas », Hamza sur « Pilote », Mister V sur « Jamais », ainsi qu’avec les membres du Panama Bende sur « Grünt ».

Le fonctionnement était particulièrement efficace : à chaque morceau en featuring, impossible de savoir si l’artiste allait réellement apparaître. Et comme peu d’invités étaient présents les deux soirs, chaque arrivée gardait une vraie part de surprise.

Évidemment, certaines ont provoqué plus de bruit que d’autres. Celle de Jul était sans doute la plus attendue, mais aussi la plus improbable. Il fait très rarement, voire jamais, ce type d’apparition, et peu de gens semblaient réellement croire qu’il viendrait jusqu’au Stade de France.

Lorsqu’il apparaît finalement sur scène, toujours fidèle à ses claquettes-chaussettes, le stade explose. Le sol tremble sous les cris de près de 80 000 personnes, qui reprennent immédiatement en chœur chaque parole de « Faut pas ». L’un des moments les plus bouillants de la soirée.

Le Panama Bende, un hommage aux débuts

Parmi les séquences les plus personnelles du concert, le passage du Panama Bende occupe une place particulière.

La scène s’éteint complètement et les écrans diffusent des photos retraçant le parcours de PLK avec le collectif. Une voix off présente les différents membres, puis la scène se rallume. Tous sont installés autour de plusieurs tables, dans un esprit open mic qui rappelle la mise en scène du clip de « Grünt ».

Au-delà du morceau lui-même, ce passage raconte une partie de l’histoire de PLK. Les membres du collectif semblent réellement heureux de se retrouver sur cette scène. Ils s’ambiancent, assurent tour à tour les backs les uns des autres et profitent pleinement du moment.

PLK aurait pu profiter de son Stade de France pour mettre uniquement en avant son parcours personnel. Il choisit aussi d’y faire une place à ceux qui étaient là avant le succès actuel. À la fin du morceau, il prend d’ailleurs le temps de citer une nouvelle fois chaque membre du collectif. Pendant quelques minutes, le Stade de France devient aussi une scène pour ceux qui l’ont accompagné depuis ses débuts.

Une scénographie qui change à chaque morceau

Tout au long du concert, la scénographie évolue. Certaines parties de la scène montent et descendent comme de grands élévateurs, tandis que des cascadeurs viennent ponctuellement compléter le spectacle. Mais c’est surtout le travail réalisé sur les écrans qui donne à chaque chanson sa propre identité.

Deux écrans fins encadrent un écran central beaucoup plus imposant. À chaque morceau, un nouvel univers apparaît. PLK et ses invités sont intégrés à différents décors, avec une direction artistique qui varie constamment et accompagne l’ambiance de chaque titre.

Sur « Mamie », par exemple, des photos de PLK enfant apparaissent à l’écran et renforcent le caractère personnel du morceau. Sur « Le cœur des hommes », un immense cœur robotisé se met à pulser avant de grandir jusqu’à occuper tout l’écran. Il se transforme ensuite en un cœur dessiné comme par un enfant, accompagnant la transition vers « Sac à dos ».

Sur « Un peu de haine », le visage de PLK évolue dans un univers robotisé aux allures de parc d’attractions. Sur « Jamais », avec Mister V, la scénographie reprend l’univers du clip, notamment ses néons bleus et rouges.

À cela s’ajoutent les flammes, utilisées à plusieurs reprises, notamment sur « Bleu et Rouge », « Pilote », « Faut pas » et « Émotif », ainsi que les feux d’artifice qui éclatent depuis différents endroits du toit du Stade de France pour le grand final.

Pour « Un peu de haine », un spectacle de drones dessine successivement les lettres PLK, une tête d’ours, des pièces de monnaie, un mégaphone, une flamme et un doigt d’honneur dans le ciel, avant de conclure par un ultime message : « Merci le FC Polak ».

« Mamie », le moment où le Stade de France chante à sa place

Au milieu de toute cette démesure, l’un des moments les plus forts est aussi l’un des plus simples. PLK a perdu l’une de ses grands-mères cette année, et il était très proche d’elle. Avant de commencer le morceau, il explique que « Mamie » sera particulièrement difficile à interpréter cette année.

Avant le concert, un groupe de fans avait organisé sur les réseaux sociaux une surprise pour l’artiste. Grâce à des dons, des milliers de petites pastilles colorées à placer sur les flashs des téléphones avaient été achetées puis distribuées dans le stade.

Au moment de la chanson, tout le monde allume son téléphone. Un immense coucher de soleil apparaît alors dans le Stade de France, allant d’un orange foncé en haut des gradins jusqu’à un jaune clair dans la fosse. PLK ne s’y attendait pas et l’émotion est immédiate. Sa voix tremble, il peine à aller jusqu’au bout du morceau et, pendant quelques instants, ce n’est plus lui qui chante pour son public : c’est son public qui chante pour lui.

Lorsqu’il verse une larme, tout le stade semble partager son émotion et lui répondre à sa manière. Un hommage particulièrement touchant.

Émotif, puis le silence

Pour terminer le concert, PLK choisit « Émotif », un morceau particulièrement important dans sa carrière qu’il interprète régulièrement en fin de tournée.

Il monte tout en haut de la scène, surplombant le Stade de France. La foule est une nouvelle fois déchaînée, et nous aussi. Le morceau s’achève avec un immense feu d’artifice qui fait le tour du stade. Le public reste là, encore suspendu à ce qu’il vient de vivre.

Puis PLK s’assoit seul, face au public. Il pose son micro et reste quelques secondes sans rien faire. Après près de deux heures de spectacle, de lumières, de flammes, d’invités et de milliers de voix, le contraste est saisissant.

Il regarde simplement le stade. Le public commence alors à scander « Polak ».

L’émotion apparaît peu à peu sur son visage. Les larmes coulent. On sent surtout la fierté d’avoir accompli quelque chose d’immense : remplir le Stade de France deux soirs de suite, lui qui a commencé dans un garage.

Il se relève finalement pour remercier toutes les personnes qui ont participé à la réalisation du concert, avant de s’adresser directement à son public et de le remercier d’avoir changé sa vie et celle de sa famille.

Un Stade de France qu’on n’oubliera pas

Sur scène, PLK aura passé la soirée à courir, sauter, multiplier les interactions avec le public et occuper les différents espaces de la scénographie. Il est souriant, énergique et semble prendre autant de plaisir à entendre le public chanter qu’à interpréter lui-même ses morceaux.

Derrière l’ampleur du spectacle, il reste pourtant quelque chose de plus simple : l’envie de partager ce moment avec ceux qui l’accompagnent depuis longtemps, mais aussi avec ceux qui l’ont découvert plus récemment.

C’est sans doute ce qui rend ce Stade de France particulièrement réussi. Le concert ne choisit pas entre les différentes facettes de la carrière de PLK. Avec ses 50 chansons, ses anciens morceaux, ses titres les plus populaires, ses invités et les références à ses débuts, il les réunit dans une même soirée. C’est aussi ce qui nous a le plus marquées, malgré nos deux rapports très différents à sa musique.

L’une connaissait déjà une grande partie des morceaux et pouvait mesurer le chemin parcouru depuis les débuts. L’autre était davantage venue pour les titres les plus connus. Pendant près de deux heures, cette différence n’avait finalement plus beaucoup d’importance. Au Stade de France, tout le monde chantait les mêmes refrains.

Et lorsque PLK s’est retrouvé seul, assis au sommet de sa scène, face à cette foule immense, toute la démesure du spectacle est passée au second plan. Il ne restait plus que l’artiste, son public et le sentiment d’avoir assisté à un moment important de sa carrière.

Revoir le concert de PLK au Stade de France

Romane Le Normand et Romane Chesnoy