Resident Evil : le film à voir, même si trouille !
Parmi les films à voir avant qu’ils ne quittent l’affiche, il y a le nouveau Resident Evil. La célébrissime franchise de Capcom revient dans une version bien plus proche du jeu vidéo, loin de la surenchère d’effets spéciaux qui nuisait à la crédibilité des précédentes adaptations.
Zach Cregger prend le contre-pied du star-system des anciens films, incarnés par des acteurs de renom comme Milla Jovovich ou Michelle Rodriguez. Ici, place à Bryan, un coursier, interprété par Austin Abrams, un antihéros ordinaire qui aime les jeux vidéo, mais découvre que manier une arme dans la vraie vie n’a rien à voir avec une partie sur PlayStation. Malchanceux, jurant à tout-va, il apporte aussi une touche comique bienvenue.
Sans sous-titre, comme pour repartir de zéro, ce Resident Evil multiplie pourtant les clins d’œil aux jeux, notamment au mythique Resident Evil 3 : Nemesis. Certains plans presque en 2D et des champs de vision très réduits entretiennent le suspense sans avoir besoin de forcer sur l’horreur.
Ce Resident Evil n’est ni un film d’horreur classique, ni un énième film de zombies et encore moins un nanar. C’est surtout un récit de survie apocalyptique, mais aussi une réflexion sur notre société mise en abyme : un téléphone portable qui n’a soudain plus de réseau, des institutions nonchalantes face à un début de pandémie, un homme ordinaire livré à lui-même. Pas de super-pouvoirs, pas de cascades invraisemblables, juste de la débrouillardise. Bryan devient presque un super-héros sans jamais cesser d’être humain, et sans obtenir la moindre reconnaissance au final.
Plus sobre dans ses effets spéciaux, cette réinterprétation gagne en réalisme et renoue avec l’esprit de Raccoon City. De quoi réconcilier avec la franchise les fans déçus par des adaptations devenues trop commerciales et trop éloignées des jeux d’origine.
Il ne manque finalement que quelques personnages cultes comme Jill Valentine ou Chris Redfield pour que le tableau soit presque parfait. Qui sait, peut-être pour le prochain épisode ?
En attendant, Halloween oblige, c’est le film de saison à découvrir au cinéma, et rassurez-vous : même « si trouille », vous pouvez y aller sans grande crainte !
Daniel Latif











